Secrets d’épave avec Michel L’Hour

Soirée “ SECRETS D’EPAVES ” : jeudi 24 mars 2016 : l’archéologie sous-marine à l’honneur à La Cité de la Mer


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Michel L’Hour, Directeur du Département de Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines, est l’invité de La Cité de la Mer jeudi 24 mars. Dans l’Auditorium, lors d’une soirée grand public gratuite, il livrera son témoignage sur les expéditions menées à travers le monde, avec un éclairage particulier sur quelques épaves qui l’ont marqué, dont certaines hantent les côtes cherbourgeoises.


Michel L’Hour, archéologue sous-marin de renom, reviendra sur les missions internationales du DRASSM, qui fête cette année ses 50 ans, mais aussi sur les nouveaux défis que relève l’institution à travers l’exemple de la Lune, chantier d’expérimentation de nouvelles méthodes de fouilles (voir ci-dessous).

La mise au point d’outils archéologiques sous-marins modernes est impérative pour explorer des épaves plus profondes, non accessibles à l’homme en plongée autonome. Des épaves qui sont aujourd’hui menacées elles aussi, par la pêche en eaux profondes.

Pendant cette soirée, animée par Pascal Vannier, ancien journaliste, les épaves locales seront également à l’honneur. Michel L’Hour pourra témoigner de son implication dans les missions d’expertise et de fouilles sur le Léopoldville, bâtiment coulé la veille de Noël 1944 au large de Cherbourg et sur les vaisseaux de la bataille de la Hougue, sur lesquels il a plongé plus de 550 heures.

Ship 3 millions d’épaves dans le monde selon l’UNESCO
Les eaux territoriales françaises comptent entre 150 000 et 200 000 épaves auxquelles s’ajoutent 20 000 sur les côtes métropolitaines 
SOIREE COMPLETE
Informations pratiques :

  • Soirée grand public gratuite dans l’Auditorium de La Cité de la Mer
  • Ouverture des portes à 20h et fermeture à 20h20
  • Inscription obligatoire avant le 21 mars 2016 : par mail :  24mars2016@citedelamer.com ou par téléphone (du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 18h) au 02 33 20 26 64


Michel L’Hour : plus d’une année non stop sous l’eau !

Fort de ses 10 000 heures passées sous la mer depuis le début de sa carrière, cet Michel L'Hour_avec copyright_pr webarchéologue partage sa passion pour le plus grand musée du monde : l’océan.

L’histoire et la mer habitent depuis qu’il est tout petit l’esprit de Michel L’Hour. A l’âge de 25 ans, après une première plongée au large de Martigues sur l’épave du Saint-Gervais, il décide de devenir archéologue sous-marin.

Trois ans plus tard, le DRASSM recrute Michel L’Hour comme ingénieur d’études et assistant du directeur, un poste spécialement créé pour lui. A cette époque, il entreprend « d’évangéliser » l’image de l’institution, vivement critiquée par la communauté des plongeurs. Michel L’Hour et son collègue Luc Long s’engouffrent alors dans la traque des pilleurs d’épaves et sont même surnommés « Starsky et Hutch » !

A sa demande, Michel L’Hour, breton d’origine, est missionné en 1983 sur les épaves de la côte Atlantique, délaissées jusque là au profit de la côte méditerranéenne. Il constitue une équipe de choc avec qui il se penche pendant 3 ans sur l’épave du Ploumanac’h, un vaisseau antique situé face à Perros-Guirec. Cette première campagne archéologique permet à Michel L’Hour d’obtenir des moyens financiers et matériels pour continuer de travailler sur le patrimoine sous-marin méconnu du front atlantique.

Pendant plus de 20 ans, Michel L’Hour parcourt le monde, à la recherche d’épaves mythiques. Les expéditions sont majoritairement menées dans les eaux territoriales françaises : un terrain de jeu de 11 millions de km2, qui fait de la France la 2e puissance maritime mondiale.
Nommé Directeur du DRASSM en 2006, Michel L’Hour s’attaque  rapidement à la

L’André Malraux lors de l’expédition D-Day en août 2013

L’André Malraux lors de l’expédition D-Day en août 2013

construction d’un nouveau bateau : L’André Malraux destiné à remplacer l’Archéonaute. Ce nouveau navire sert  de support à l’équipe pour toute  plongée humaine et/ou robotisée pour les campagnes de prospection, d’expertises et de fouilles.

 « L’André Malraux a été conçu pour projeter des machines au-delà de la plongée humaine » Michel L’Hour.

De la Hougue à la Lune en passant par Lapérouse : retour sur des épaves emblématiques

 

Poulie de gréement en bois, dite tête de moine à sa découverte.

Poulie de gréement en bois, dite tête de moine à sa découverte.

Les épaves de la Hougue

Entre 1990 et 1995 sont menées 6 campagnes de fouille sur 5 épaves de la Hougue, sous la

direction de Michel L’Hour et Elisabeth Veyrat. Ces épaves reposent au large de Saint-Vaast-la-Hougue depuis juin 1692, date de l’affrontement des flottes françaises et anglo-hollandaises.
Grâce au travail d’une centaine de plongeurs et d’archéologues de 15 nationalités différentes, totalisant près de 5000 heures de plongée, le DRASSM remonte 500 pièces remarquables : vaisselle, outillages, biens personnels, artillerie…

 Cette campagne a largement marqué l’esprit de Michel L’Hour qui a plongé plus de 550 heures sur ces épaves : « Pour Saint-Vaast-la-Hougue où on a plongé pendant des années dans de l’eau café au lait ; on a quasiment jamais vu les épaves, sauf pendant deux heures, deux jours de suite, en 1991. Eh bien, quand on me parle de Saint-Vaast, malgré mes 550 heures de plongée sur ce site, ce sont ces deux heures seules qui ont pris toute la place »

Lapérouse

En 1785, Louis XVI ordonne une grande expédition scientifique dont le but est d’achever la découverte du Pacifique, initiée par le britannique James Cook. Le comte de Lapérouse dirige les deux frégates la Boussole et l’Astrolabe avec à leurs bords 220 spécialistes, chargés d’explorer cette partie du globe encore inconnue. Après 3 ans d’expédition, les deux navires coulent sur les récifs de Vanikoro, île totalement isolée de l’archipel des Salomon.
Diverses recherches mèneront d’autres explorateurs sur les traces de ces navires mais le mystère reste entier jusqu’en 1961 lorsque les gisements d’une épave sont découverts.
En 2003, le DRASSM organise sa première campagne de fouilles sur les deux épaves, sous la direction de Michel L’Hour et Elisabeth Veyrat. Les plongeurs y découvrent un squelette parfaitement conservé, fait rarissime.
Cet « inconnu de Vanikoro » est scrupuleusement étudié. Les chercheurs parviennent à créer une numérisation 3D de son visage, puis une reconstitution en résine. C’est la première fois qu’un témoin d’une des plus grandes expéditions scientifiques du 18e siècle est ainsi reconstitué. C’est une grande étape pour l’archéologie sous-marine…


La Lune 

L’épave de la Lune est découverte en 1993 par Paul-Henri Nargeolet à bord du Nautile d’Ifremer, dans un excellent état de conservation. Le vaisseau repose depuis 1664 par 90m de fond au large de Toulon, entouré de vaisselle, canons, objets personnels, épées, coffres…posés sur le fond. A cette époque les moyens technologiques ne sont pas assez élaborés pour remonter les vestiges sans les endommager. Le DRASSM se bat pour interdire toute plongée sur le site, afin de protéger l’épave d’éventuels pillages.

Entre 2007 et 2012, Michel L’Hour convainc des partenaires institutionnels, industriels et médiatiques de l’importance de ce chantier expérimental : fouiller une épave à 90m de profondeur est un véritable défi ! Le site de la Lune devient alors le laboratoire expérimental de nouvelles méthodes de fouilles révolutionnaires.
En 2013 naît un programme de recherche et de développement appelé CORSAIRE (pour Consortium en Robotique Sous-marine pour l’Archéologie Innovante et la Récupération d’Epaves). Ce programme a pour but de développer de nouveaux systèmes robotiques de toute nouvelle génération, capable d’effectuer des travaux jusqu’à – 2500m et reproduisant des manipulations jusque là effectuées uniquement par l’homme…


 

Epave du Léopoldville. Photo de Nicolas Job

Epave du Léopoldville. Photo de Nicolas Job


Qu’est-ce que le DRASSM ?

L’archéologie sous-marine naît en France dans les années 50 à Marseille, sur le site du Grand Congloué. André Malraux créé quelques années plus tard, en 1966 au sein du Ministère des Affaires Culturelles le premier service au monde de recherche archéologique immergée, le DRASSM, qu’il dote d’un navire de recherche : l’Archéonaute.

  » André Malraux a eu une intuition à mon sens visionnaire, […] il a compris qu’il fallait gérer le patrimoine immergé « , Michel L’Hour.

Le Département de Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines assure la protection, l’étude et la mise en valeur des biens culturels maritimes en liaison avec l’ensemble des administrations participant de l’action de l’Etat en mer : Préfectures maritimes, Affaires maritimes, Douanes…


Ressources disponibles :

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Contacts presse :
– Lucie Le Chapelain : llechapelain@citedelamer.com / 06 80 32 54 30 / @ComLucie
– Gisèle Guiffard : gguiffard@citedelamer.com / 02 33 20 26 67